son histoire

 

 

Lillemer vient de "Isle-Mer" ou Lislemer (île entourée d'eau).

Le bourg de Lillemer occupe une butte rocheuse qui domine de 9 m un marais (marais de Dol) qui constitue le fond asséché de la baie du Mont-Saint-Michel.

Lillemer, insula Meur, c'est-à-dire l'île Grande, tire son nom de sa situation sur une hauteur escarpée au milieu des marais de Dol. M. de la Borderie en a raconté les origines d'une façon fort intéressante. l'île Meur fut pendant

longtemps sans faire partie d'aucune paroisse.

 En 1184, Robert de Thorigné, abbé du Mont Saint-Michel, ayant témoigné le désir de l'avoir pour en faire une dépendance du prieuré de Montdol, le prélat et les chanoines dolois s'empressèrent de le lui céder, à la condition que le moine paierait à l'Eglise de Dol une redevance annuelle de trois livres d'encens à la fête de saint Samson, et de trois gros cierges d'un fort poids à celle de la Purification. A ce prix, l'île Meur était encore en 1184 déserte et inculte. « Sans doute l'abbé Robert avait dessein de la faire défricher pour en faire une dépendance du prieuré du Montdol, dont les revenus étaient assez maigres. Mais Robert étant mort deux ans après, en 1186, ses successeurs, jugeant cette oeuvre trop difficile ou trop onéreuse, la négligèrent, puis, cessèrent de payer à l'Eglise de Dol la redevance convenue.

Cette convention inexécutée, l'Eglise de Dol ne tarda point de donner à l'abbaye de Notre-Dame du Tronchet par un accord portant que le Mont Saint-Michel renonçait à tout droit sur Lillemer, à condition que le Tronchet paierait à l'Eglise de Dol les trois cierges et les trois livres d'encens, et au Mont Saint-Michel une redevance annuelle fixée à 2 mines de froment et 8 deniers d'argent. Si Lillemer avait été cultivé, c'est sur son territoire évidemment que la redevance en question eût été assise. Il n'en fut rien : pour en assurer le paiement, le Tronchet y affecta deux rentes d'égale valeur qu'il avait dans les paroisses du Vivier et de Montdol ». Quoique les Bénédictins du Tronchet semblent avoir fondé un petit prieuré à lillemer ils ne  tarderent pas cependant à abandonner ce petit coin de terre, et l'île revint encore une fois aux mains des évêques de Dol. Ceux-ci parvinrent enfin à en faire entamer le défrichement, et vers le milieu du XIIIème siècle. En se développant, la culture amena sur ce sol des habitants, et bientôt la population fut assez forte pour que l'évêque de Dol songeât à ériger ce territoire en paroisse, ce qui eut lieu effectivement sous l'épiscopat de Thibaud de Pouencé, de 1280 à 1301. Le recteur de cette nouvelle paroisse et le Chapitre de Dol furent bientôt en discussion au sujet de la donation de la dîme des novales, faite aux chanoines par l'évêque Etienne.

Dans une paroisse tout nouvellement défrichée, toute terre à peu près était novale, toute dîme, dîme de novale ; par là, le Chapitre prenait tout, le recteur rien. C'était trop peu.

Le recteur réclama en 13O7, une transaction intervint entre les parties, suivant laquelle les dîmes des novales restèrent au Chapitre ; mais celui-ci s'engagea à payer au recteur une rente annuelle de cinq mines d'orge et de cinq mines de seigle, outre quelques autres concessions qui mirent fin au procès ».

 

Cette transaction fut l'oeuvre de Thibaud de Moréac, évêque de Dol, et l'on voit dans l'acte que le recteur de Lillemer s'appelait alors Nicolas Heichenoul ; il y a tout lieu de voir en lui le premier pasteur de cette paroisse.

En 1790, le recteur, M. Pigeon, déclara qu'il jouissait du presbytère avec son jardin et son colombier ; il desservait, en outre, quelques fondations (Archives du district de Dol). Ce logis presbytéral a été remanié aux époques ultérieures comme la plupart des logis du centre bourg. L'église actuelle dédiée à Saint-Eloi est édifiée en 1837 dans un style néo classique.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site